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réfléxions sur la Complexité ... aux petits débrouillards

jeudi 30 janvier 2014 par Ameline Bunle- Tighedine / Directrice APDGE

Origines et principes Notre association fait souvent référence à la complexité ces dernières années. Mais qu’est ce que la complexité ?

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Il ne s’agit pas de confondre ce concept avec le simple terme compliqué. Un concept est un mot qui désigne un ensemble de principes, de définitions qui, en s’articulant, permettent de modéliser d’une certaine façon la réalité. Ceci dans le but de faciliter la compréhension du réel. La définition du mot compliqué d’après le CNRTL (centre national de ressources lexicographiques) est dans sa première assertion :

"Composé d’éléments qui entretiennent des rapports nombreux, diversifiés et difficiles à saisir." alors que le mot complexe -du latin complectere désigne embrasser (Abdel Malek, 2004).

La complexité va plus loin, elle puise ses sources dans la cybernétique qui donna naissance à la systémique (science des systèmes) qui à son tour permettra la conception de la complexité.

Abdel Malek explique que la systémique regroupe un ensemble d’activités scientifiques théoriques comme pratiques, reposant sur un certain nombre de présupposés. Les plus importants sont :

Il existe des lois générales communes aux divers systèmes complexes dont les composantes sont en forte interaction, et ce qu’ils soit physique, chimique, biologique, économique, sociologique... Ces lois sont essentiellement de nature relationnelle (ou cybernétique : interaction interne ou externe) Les propriétés du système sont de plusieurs ordres : holistique (le système et ses parties) ou émergente (la propriété tient aux interactions des parties du système uniquement, mais n’existe pas à l’échelle de la partie). C’est ce qui fait dire que le tout n’est pas égal à la sommes des parties. (Morin précise que le tout est à la fois plus et moins que la somme des parties car le fait des interrelations, la partie n’est pas toujours en mesure d’exprimer la totalité de son potentiel. (2005, p.114))

Une approche différente de celle de la science cartésienne, pour laquelle accéder à la connaissance passe par la décomposition en autant d’unités simples que nécessaire et isoler leur fonctionnement pour comprendre l’influence de chaque partie sur le fonctionnement du tout. Cette approche s’est avérée inadaptée pour l’étude des systèmes complexes vivants qui se caractérisent par la non linéarité des logiques qui régissent les liens de causes à effets.

La systémique a permis d’introduire certaines notions qui seront réutilisées dans les principes de la complexité. Il s’agit de la logique récursive, correspondant à l’effet de l’information de sortie d’un système sur la régulation d’entrée. "Le résultat d’un processus peut-être producteur de lui-même" (Fillol 2009)

Mais attention, si d’un côté nous avons une approche mécaniciste qui isole et réduit les parties, et une approche globalisante qui vise à comprendre le tout, cela ne signifie pas qu’il faut remplacer l’une par l’autre. L’approche réductionniste "demeure un caractère essentiel de l’esprit scientifique, elle n’est plus le seul ni surtout le dernier mot" (Morin, 2005 p.73). Les deux approches doivent dialoguer et se nourrir mutuellement.

Enfin, complexité n’est pas complétude. Il ne s’agit pas d’établir des théories qui décrivent de façon absolue la réalité, mais de reconsidérer le statut des contradictions, donner une place à l’imprévisible, au désordre. Les contradictions ne signifient plus "incohérence de la logique" comme en science cartésienne, mais "limite de la logique" utilisée qui ne permet plus de décrire le phénomène rencontré.

Cela nous amène aux trois principes de la pensée complexe :

  • Le principe dialogique : deux logiques opposées s’alimentent. Exemple l’organisation vivante : elle est le fruit de la rencontre de deux principes opposés. La stabilité que l’on retrouve dans les entités chimico-physiques de l’ADN et l’instabilité des acides nucléiques à la base des cellules permettent par le renouvellement incessant, l’adaptabilité du système tout en gardant son identité profonde via les messages de l’ADN. L’organisme à besoin de l’interaction de cet antagonisme pour se maintenir en équilibre (Morin, 2005 p.99). Ce principe nous conseille de chercher à relier ce qui s’oppose, trouver les logiques combinatoires.
  • Le principe de récursion organisationnel : le tout produit la partie et la partie produit le tout. Le système est à la fois producteur et produit de l’interaction entre le tout et les parties. Exemple, en sociologie, les individus constituent le social, mais par le jeu de l’éducation et de la culture, ils reproduisent le social.
  • Le principe hologramatique : la partie est dans le tout, mais le tout est inscrit dans chaque partie. Exemple de l’hologramme qui pour chaque point de l’hologramme contient l’image complète avec moins de netteté. Mais à partir d’un point on peut reconstituer le tout.

Quels liens avec les Petits Débrouillards ? En un mot, nous et notre projet sommes dans la complexité ! Premier niveau de complexité. Notre projet associatif tente d’appréhender à la fois le champs éducatif, culturel, social, environnemental, économique et scientifiques, sur un fond de mondialisation et de virtualisation. Il s’agit de différents aspects d’un même objet - la société - qui interagissent. Les individus composant les divers niveaux de société (française, européenne et mondiale), influencent et sont influencés par ces divers niveaux de société. Nous sommes donc dans une perspective globalisante qui cherche à créer du liens entre ses différentes approches. Mais dans le même temps, il faut continuer à se spécialiser dans chaque champs, pour mieux cerner les questions de chaque aspect et ainsi mettre plus facilement en évidence les contradictions, les complémentarités, les effets rétroactifs du système, chercher les liens entre causes et effets malgré leur décalage dans l’espace et le temps. Mettre en débat le ce qui se passe au niveau mondial avec le local, et les niveaux intermédiaires, pour les différents champs, c’est la condition pour que l’association soit en mesure de jouer son rôle de pouvoir non gouvernemental et défendre des valeurs et une vision particulière de la société auxquelles on crois.

Notre association est une organisation et qui dit organisation... dit complexité ! Second niveau de complexité, l’association. Celle-ci se compose à la fois d’une organisation type entreprise, une communauté, un réseau et constitue une sorte d’école. Comme le suggère Michel Adam (2009), on retrouve les principales sphères qui compose notre société. L’enjeu pour nous est de faire cohabité des impératif économiques, des valeurs associatives, des liens d’amitiés et des liens idéologiques. Trouver un équilibre entre tous cela pour réussir à agir, pour être réellement utiles, pour prendre plaisir à agir, pour se développer et s’épanouir. La encore on retrouve dans antinomies, des effets récursif et des imbrication entre le tout et les partie. Pour construire l’association de demain, il semble utile de développe

Les Petits Débrouillards sont des personnes qui sont complexe ! Troisième niveau de complexité, l’humain qui, comme le rappel Jean Pierre Carli éminant neurobiologiste, est le résultats de l’interaction entre 3 être : un être social, un être biologique et un être spirituel en quête de sens, marqué par une histoire et un environnement. Ces trois êtres, leurs environnements et leurs histoires interagissent de façon multiples ce qui impacte la nature du développement et de l’apprentissage. Comme le rappel Bachelard, nous apprenons à partir de ce qui est déjà en nous, mais aussi contre lui puisque ce déjà là oriente nos interprétations du nouveaux. Autrement dit, mes expériences et mes choix produise ma façon de penser, ma façon de pensée oriente mes choix qui me produisent. Nous qui cherchons à éduquer les enfants et les jeunes, nous qui cherchons à former nos membres, c’est une complexité qu’il nous faut tenter d’appréhender pour construire des environnements associatifs, éducatifs pertinents. Éduquer à la complexité ? : Si notre projet éducatif, de par sa culture d’éducation populaire et sa concomitance avec les mouvements de l’éducation nouvelle, place la notion d’autonomisation de l’individu dans une perspective émancipatrice (qui se libère des influences sociales et culturelles grâce à son esprit critique) et démocratique (qui peu contribuer à l’activité politique et sociale du fait de son émancipation), alors l’éducation à la complexité deviens un thème incontournable. Comme l’aura montré notre travail sur le développement durable et l’environnement, le citoyen doit faire face à des phénomènes complexe, à des évolutions rapides de son environnement socio-économique marqué par les incertitudes. Il alors indispensable pour le citoyen de se familiariser avec la pensée systémique, la notion d’incertitude, pour prendre pleinement conscient des enjeux et des responsabilités de nos choix locaux et de nos visions culturelles sur le devenir planétaire. Edgar Morin propose suite à la demande de l’UNESCO, sept savoirs nécessaire à l’éducation du future qui sont autant de pistes pour nous :

  • les cécités de la connaissances : l’erreur et l’illusion
  • les principes d’une connaissance pertinente
  • Enseigner la condition humaine
  • Enseigner l’identité terrienne
  • Affronter les incertitudes
  • Enseigner la compréhension
  • L’éthique du genre humain

Mais comment éduquer à la complexité, comment mettre en pratique en acte ses notions et principes ? Comment éduquer à l’approche dialogique entre vérité et relativité des savoirs ? Un ensemble de démarches, d’outils et de questions sont encore à traiter. La façon d’évaluer l’apprentissage de la complexité en sera une d’importance.

Vivien Braccini le 26/01/14

Référence :

Abdelmalek Ali Aït. 2004. Edgar Morin, Sociologue et théoricien de la complexité : des cultures nationales à la civilisation européenne. Sociétés, 2004/4 n°86, p. 99-117. Disponible sur http://www.cairn.info/revue-societe.... Consulté le 19 janvier 2014.

Morin Edgar. 2005. Introduction à la pensée complexe. Paris. Seuil. (1er édition en 1990 chez ESF.)

Morin Edgar. 2000. Les septs savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris. Seuil.

Fillol Charlotte. 2009. L’entreprise apprenante : Le knowledge management en question ? L’harmattan.

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